mardi 25 août 2020

L'analyse de l'évolution des arriérés de primes des sociétés dommages du marché burkinabè.

L’assureur garantie un risque contre le paiement d’une prime par le souscripteur. Selon le code d’assurances à son article 13, la garantie n’est valable que lorsque la prime est payée à la souscription. Le but était de lutter contre le trop plein d’arriérés accumulés par les sociétés d’assurances. Nous avons voulu par ce billet, faire l’analyse des arriérés de primes sur la période 2001 à 2018.

ARTICLE 13 ET LES SANCTIONS DE L'ARTICLE 312

L'article 13 du code des assurances entré en vigueur en 2011 à stipule que : 

"la prise d’effet du contrat est subordonnée au paiement de la prime par le souscripteur. Il est interdit aux entreprises d’assurance, sous peine des sanctions prévues à l’article 312, de souscrire un contrat d’assurance dont la prime n’est pas payée ou de renouveler un contrat d’assurance dont la prime n’a pas été payée." 

Les arriérés de primes sont les créances sur les assurés et les intermédiaires d'assurances. Les sanctions prévues à l'article 312 sont :

  • ü  l’avertissement ;
  • ü  le blâme ;
  • ü  la limitation ou l’interdiction de tout ou partie des opérations ;
  • ü  toutes autres limitations dans l’exercice de la profession ;
  • ü  la suspension ou la démission d’office des dirigeants responsables ;
  • ü  le retrait d’agrément.

Cet article a été modifié pour lutter contre le stock élevé des arriérés au bilan des sociétés d'assurances.

ANALYSE DE L'EVOLUTION DES ARRIÉRÉS DE PRIMES 

Depuis 2001 à 2010 les arriérés ont connu une hausse continue passant de 4,3 milliards de franc CFA à 18,5 milliards de francs, soit une croissance annuelle moyenne de 11,8% sur cette période. Ces arriérés ont connu une légère baisse en 2008 du fait de la crise financière.

A partir de 2011, les arriérés font connaître une baisse continue jusqu'en 2015 soit une régression annuelle moyenne de 36,89%. Ils passent de 17,9 milliards de francs CFA en  2011 à 1,8 milliards de francs CFA en 2015.

Cependant, en 2016 les créances sur les assurés et agents font s'établir à 4,8 milliards de francs CFA soit une croissance annuelle de 168,6%. Cette hausse extraordinaire reste inexplicable. En 2018, les arriérés ont continué à progresser et s'établissent à 7,5 milliards de francs CFA. Sur la période 2016-2018, les arriérés ont une croissance annuelle moyenne de 25,1%.



Nous remarquons que l'impact positif de l'article sur la baisse des arriérés de primes après la mise en place de l'article 13 du code des assurances est entrain de s'atténuer. A cet effet, il est impérieux pour la tutelle de prendre les dispositions nécessaires par des contrôles sur pièces et sur place pour comprendre les raisons de cette hausse brusque des arriérés de primes sur le marché burkinabè des assurances.



samedi 4 janvier 2020

'L'analyse de l'impact de l''article 13 du code CIMA sur les arriérés de primes des sociétés d'assurances non Vie avec le logiciel R'


L’analyse de l’impact de l’article 13 du code CIMA sur les arriérés de primes des sociétés d’assurances non Vie avec le logiciel R.

L’assureur garantie un risque contre le paiement d’une prime par le souscripteur. Selon le codes d’assurances de la zone CIMA à son article 13, la garantie n’est valable que lorsque la prime est payée à la souscription. Le but était de lutter contre le trop plein d’arriérés accumulés par les sociétés d’assurances. Nous avons voulu montrer par ce billet, l’impact de la mise en application de l’article 13 depuis 2011 sur les arriérés des sociétés IARD.

La présentation des données

Nous avons crée une base de données regroupant les primes d’assurances et les arriérés des sociétés IARD de 2009 en 20014.




Descriptive Statistics

N: 14

arriéré
prime
Mean
12349.71
19863.29
Std.Dev
4979.69
7640.87
Min
3067.00
10264.00
Q1
9254.00
13932.00
Median
12571.50
17248.50
Q3
16840.00
26066.00
Max
18468.00
33024.00
MAD
5623.50
7413.00
IQR
6972.25
11457.25
CV
0.40
0.38
Skewness
-0.46
0.44
SE.Skewness
0.60
0.60
Kurtosis
-1.13
-1.40
N.Valid
14.00
14.00

Data Frame Summary

 La courbe comparative des primes et arriérés de primes par la librairie ggplot

 


Analyse de la courbe

Nous constatons une chute drastique des arriérés de primes après 2011. Nous pouvons conclure que l’article 13 nouveau a eu un impact positif sur le recouvrement de primes. Mais la question qui reste poser pourquoi le volume des arriérés de primes reste élevé malgré la production des états CIMA en Juin. Nous allons revenir sur cette anomalie dans notre prochain billet.

Bonkoungou Michel, Statisticien-Blogueur.

dimanche 15 décembre 2019

La lutte contre le VIH chez les personnes handicapées


Les personnes Handicapées sont-elles oubliées dans les stratégies de lutte contre le VIH : les chiffres parlent ?
Comment réduire l’écart entre le taux de prévalence national et celui des personnes handicapées à l’occasion des journées internationales du VIH le 1er décembre et des personnes handicapées le 03 décembre ? En effet, le taux de prévalence du VIH chez les personnes handicapées est plus de cinq (05) fois supérieure à la proportion nationale.
Le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida. Cette journée internationale est consacrée à la sensibilisation de la pandémie du sida. Le 03 décembre est la journée internationale des personnes handicapées. Cette Journée internationale des personnes handicapées a été instituée par les Nations Unies depuis 1992 afin de permettre une meilleure connaissance du handicap, des droits des personnes handicapées et l’inclusion. Ces deux dates majeures poussent à réflexion notamment sur la problématique VIH et Handicap. En effet, le taux de prévalence national du VIH est de l’ordre de 0,8% selon les statistiques nationales en 2018 et le taux de prévalence au niveau des personnes handicapées est de 4,6%, selon l’étude bio comportementale sur la vulnérabilité des personnes handicapées face au VIH de l’IRSS, commanditée par l’ONG Humanity & inclusion en collaboration avec le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP / CNLS-IST). Le graphique suivant illustre cette différence.

Figure 1: taux national de prévalence du VIH vs taux de prévalence des personnes handicapées

Nous sommes alors en droit de nous poser les questions suivantes :
1-      Quelles sont les facteurs explicatifs de cette différence entre les deux taux de prévalence ?
2-      Quelles sont les solutions pour réduire l’écart de ces deux taux ?
Pour répondre à la première question nous avons exploité les résultats de l’étude comparative entre les recommandations de l’article 25 (relatif à la santé des personnes handicapées) de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et leur application concrète à travers les lois, politiques et stratégies santé inclusives (2018). En effet, le rapport stipule que les personnes handicapées ne constituent pas une cible prioritaire de lutte contre le VIH à contrario des populations clefs[1]. En conséquence, le paquet minimum de service VIH et les outils et canaux de communication sont peu inclusifs des personnes handicapées. Cette prévalence est élevée du fait de la marginalisation des personnes handicapées, de la difficulté d’accès aux dépistages et aux traitements antirétroviraux, des violences sexuelles à leur égard, de la stigmatisation des personnes handicapées.
Ainsi, les solutions pour lutter contre le fort taux de prévalence du VIH au sein des personnes handicapées passent nécessairement par une amélioration du cadre juridique de protection des droits des personnes handicapées et de lutte contre le SIDA et les autres IST ; en l’occurrence une relecture des lois : 012-2010, 030-2008 et 049-2005 s’impose afin de tenir compte de l’esprit de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Par ailleurs, une solution opérante de la prise en compte des personnes handicapées dans la riposte du VIH doit comprendre la formulation d’indicateurs clairs sur les personnes handicapées dans la lutte contre le VIH/SIDA par le CNLS à travers de collectes régulières de données. Dans lutte, les personnes handicapées elles-mêmes et des leurs organisations/Association ont un rôle capital à jouer. Des conventions de collaborations entre associations de lutte contre le SIDA et celles œuvrant dans le domaine du handicap doivent être conclues. Du reste, pour une bonne prise en compte des personnes handicapées dans la lutte contre le VIH, les prestataires de santé doivent être former sur le handicap et les préoccupations/besoins spécifiques en matière de santé des personnes handicapées. La carte d’invalidé doit servir à l’accès des droits associés.

BONKOUNGOU Michel, Statisticien-Blogueur.


[1] Dans le contexte du VIH, les populations-clés comprennent : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes transgenres, en particulier les femmes transgenres, les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues injectables, les personnes vivant avec le VIH et les personnes incarcérées ou en détention.